Rapport d’inactivité
Série de 167 photographies
Réalisé chez HAVAS communication, Paris, France.
C’est dedans. C’est dehors. C’est pendant que tout le monde dort. C’est pour montrer à quoi ça ressemble, quand on n’est pas là pour le voir. C’est l’imperceptible vie des endroits et des choses, une fois débarrassés du poids des corps humains partis. C’est ce qui se passe quand il ne se passe rien. C’est rempli d’absence. De temps arrêté. De calme revenu. Si l’on regarde bien, on entend des petits bruits. Dedans, c’est des vibrations électriques. Des grésillements de filaments d’ampoules. Des frémissements de néons. Des craquements de matière au repos. Le répit des mécanismes. Les murs qui s’adossent à eux-mêmes. Les meubles qui se relâchent, qui respirent. Des soupirs de bois, de plastique. Le gargouillis des canalisations, qui digèrent la journée. Le soulagement des structures métalliques. Des bruissements de moquettes. Et le béton qui refroidit. C’est la revanche des recoins, des replis, des interstices. Des petits espaces qui pourraient servir de cachette. À on ne sait pas quoi. À on ne sait pas qui. C’est un regard qui se déplace dans le vide et qui le décortique. Une observation de l’inhabité. C’est une radiographie de l’absence. Un rapport d’inactivité. C’est de la tranquillité qui fait un peu peur. Ce n’est pas la fin du monde. Mais ça pourrait.
Texte d’Olivier Moine
Series of 167 photographs
Produced at HAVAS communication agency
It’s inside. It’s out there. It’s while everyone’s asleep. It’s to show what it looks like when you’re not there to see it. It’s about the imperceptible life of places and things, once the weight of human bodies has been lifted. It’s what happens when nothing happens. It’s full of absence. Of time stopped. Of calm restored. If you look closely, you can hear little sounds. Inside, there are electrical vibrations. Sizzling light bulb filaments. Neon lights quivering. The crackling of matter at rest. The respite of mechanisms. Walls leaning on themselves. Furniture relaxing, breathing. Sighs of wood and plastic. The gurgling of pipes, digesting the day. The relief of metal structures. The rustle of carpets. And cooling concrete. The revenge of nooks and crannies, folds and gaps. Little spaces that could be hiding places. For who knows what. For who knows who. It’s a way of looking into the void and analysing it. An observation of the uninhabited. It’s an x-ray of absence. A report of inactivity. It’s a quiet that’s a little scary. It’s not the end of the world. But it could be.
Text by Olivier Moine